Comment Faire Une Conclusion Dans Une Dissertation

La technique de la dissertation

Remarques préliminaires :

Qu’est-ce qu’une dissertation ? Pour tenter d’en savoir plus, ouvrons le dictionnaire :

« Exercice écrit que doivent rédiger les élèves des grandes classes des lycées et ceux des facultés de lettres, sur des sujets littéraires, philosophiques, historiques. »


Source : Le Petit Robert de la langue française, édition 2014.

Voici un exemple de sujet :

Pensez-vous qu’il est plus efficace de défendre une cause ou de dénoncer une injustice à travers un personnage inventé, comme le font Victor Hugo et les autres auteurs du corpus ?
Vous répondrez dans un développement argumenté, en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe ou lues personnellement, ainsi que, éventuellement, sur des exemples empruntés à d’autres formes d’art, y compris le cinéma.


 Lire d’autres exemples de sujets…

Le sujet ci-dessus donne l’une des caractéristiques principales de la dissertation : il s’agit d’un « développement argumenté », qui s’appuie en l’occurrence sur des textes déterminés et sur les connaissances littéraires – et artistiques – du candidat.

La dissertation au bac de français est définie comme suit :

La dissertation consiste à conduire une réflexion personnelle et argumentée à partir d’une problématique littéraire issue du programme de français. Pour développer son argumentation, le candidat s’appuie sur les textes dont il dispose, sur les « objets d’étude » de la classe de première, ainsi que sur ses lectures et sa culture personnelle.


Source : Définitions des épreuves de français

Les impératifs sous-jacents pour rédiger une dissertation :

  • savoir mener une réflexion personnelle (il ne s’agit pas de répéter un enseignement que vous avez reçu) ;
  • être exercé à rédiger ;
  • maîtriser les techniques d’argumentation : la dissertation est un exercice de rédaction à part entière, et vous devez savoir produire un texte argumenté et logique ;
  • être capable d’analyser un sujet de dissertation, le délimiter et le problématiser ;
  • être apte à mobiliser des connaissances littéraires.

À cette fin, il faut bien sûr travailler régulièrement durant l’année scolaire. Il n’est pas question, pour cet exercice difficile, d’improviser le jour de l’examen.

Pour analyser le sujet de dissertation, il faut le relire plusieurs fois. Identifiez les mots-clés, repérez les expressions importantes et les éventuels sous-entendus : vous pourrez ensuite problématiser le sujet, c’est-à-dire formuler le problème que pose le sujet. Notez vos idées sur un brouillon et trouvez des exemples. Cette phase de la conception de la dissertation est naturellement très importante : elle constitue les fondations de votre devoir.

N’hésitez pas à relire le sujet régulièrement : vous éviterez ainsi le hors-sujet. Remémorez-vous les connaissances littéraires acquises au cours de l’année scolaire : ces connaissances vous fourniront de précieux exemples lors de la rédaction de la dissertation.

Classez maintenant vos idées et vos exemples, et assurez-vous qu’ils ont un lien avec le sujet.

Faire un plan :

Il existe différents types de plan :

  • le plan dialectique (thèse, antithèse, synthèse / dépassement) ;
  • le plan analytique (description d’une situation ou explication, analyse des causes ou illustration, analyse des conséquences ou commentaire) ;
  • le plan thématique (réflexion sur une (ou plusieurs) notion(s), il s’agit de répondre progressivement à la question du sujet en présentant différents arguments de manière ordonnée).

Il est conseillé de ne pas adopter un « plan-type » : efforcez-vous de bâtir un plan qui répond au sujet et qui fournit des idées et des exemples pertinents. La dissertation doit être claire, bien argumentée et logique. Pour ce dernier aspect, il va de soi qu’il est important de lier les différentes parties (ainsi que les différents paragraphes composant chacune d’entre elles). Pour ce faire, on expose, d’une manière générale, les arguments les moins importants d’abord, et les arguments les plus importants à la fin. C’est ici que la dissertation rencontre la rhétorique : votre objectif est avant tout de convaincre votre lecteur en lui fournissant des arguments et des exemples judicieux, qui répondent au sujet, et cela de manière cohérente.

Aussi vous manquerez de crédibilité et votre dissertation ne sera pas réussie dans les cas suivants :
  • les idées que vous exposez n’ont pas ou peu de rapport avec le sujet (ou alors il n’y a pas de lien entre vos différents paragraphes et / ou vos différentes parties – de même si vous utilisez des liens logiques abusivement) ;
  • les exemples que vous choisissez n’illustrent pas vos propos (arguments) ;
  • les arguments et les exemples que vous proposez ne sont pas présentés dans un ordre logique, c’est-à-dire lorsque votre raisonnement n’est pas progressif ;
  • votre dissertation ne respecte pas les règles de cet exercice académique : il n’y a, par exemple, que deux « grandes » parties ou seulement deux sous-parties dans une partie (dans ce cas, les différentes parties de votre devoir ne sont pas équilibrées).

Quelques conseils de rédaction :

N’écrivez pas à la première personne (je) : il est en effet d’usage d’employer un « nous de modestie » ou le pronom indéfini on. On conseille aussi de ne pas mêler on et nous.

Écrivez votre introduction et votre conclusion sur votre brouillon, le développement du devoir est directement écrit au propre. Si le plan que vous avez construit est solide, vous devriez être en mesure d’écrire votre introduction et votre conclusion avant le corps du devoir (développement).

Le titre d’une œuvre, puisque votre dissertation est manuscrite, se souligne. On écrit donc :

Chacun de vos paragraphes doivent exprimer une idée développée et plusieurs exemples, dans la mesure du possible.

N’hésitez pas à utiliser des citations (exactes) si elles sont pertinentes : vous montrez ainsi que vous êtes capable de mobiliser vos connaissances et de les exploiter avec perspicacité. Assurez-vous de commenter votre citation, sans quoi elle perd toute sa valeur. Utilisez des guillemets pour les citations et pour les titres de poème :

« Là-dessus, Maître Rat, plein de belle espérance,
Approche de l’écaille, allonge un peu le cou,
Se sent pris comme aux lacs, car l’huître tout d’un coup
Se referme : et voilà ce que fait l’ignorance. »

Il est vivement conseillé d’écrire des phrases de transition : elles permettent en effet de lier les différentes grandes parties de votre devoir. Les phrases de transition concluent la partie que vous venez d’écrire et annoncent celle qui suit…

L’introduction

Elle se compose essentiellement :

  • D’une « entrée en matière » (ou « accroche » ou « amorce ») : il s’agit d’une phrase générale (et non pas d’une généralité (cliché)) ayant un lien avec le sujet. Évoquez, par exemple, le contexte littéraire et / ou historique — bref, il s’agit d’intéresser le lecteur.
  • D’une citation du sujet : si la citation est trop longue, reformulez-la. Exprimez maintenant brièvement votre problématique sour la forme d’une (ou plusieurs) question(s) : en quoi le sujet pose-t-il problème ?
  • De l’annonce de votre plan. Le plan que vous avez choisi répond forcément à la problématique que vous avez proposée. L’annonce de votre plan se fait avec des phrases élégantes : évitez les énoncés lourds comme « dans une première partie, nous nous intéresserons à… puis, dans une deuxième partie, nous analyserons… ». Vos phrases doivent être fluides.

Le développement

Il se compose de trois parties. Chacune de ces parties se compose de trois sous-parties, lesquelles sont composées de plusieurs paragraphes. Chaque paragraphe débute par un alinéa, et on saute une ligne entre les différentes parties, ainsi qu’entre l’introduction et la première partie d’une part, et entre la dernière partie et la conclusion d’autre part.

N’intitulez ni vos parties ni vos sous-parties.

Rédigez élégamment et clairement. Soignez votre style : vous devez faire appel à toutes vos compétences en matière de rédaction ; vous démontrerez ainsi que le sujet vous intéresse. Si le plan de votre dissertation est bien structuré et que vous faites appel à des arguments et exemples robustes, efforcez-vous vigoureusement de les présenter avec une langue soignée.

Lorsque vous aurez terminé la rédaction du développement, relisez-vous. Plusieurs fois si vous savez que vous faites souvent des fautes.

La conclusion

Elle est le résultat de votre démonstration (vous répondez à la problématique) et présente généralement :

  • Une récapitulation de vos propos : il s’agit de dresser le bilan de votre dissertation, en exprimant brièvement les conclusions auxquelles vous êtes parvenu. Il faut fournir la réponse à la problématique proposée dans l’introduction.
  • Une « ouverture » : il s’agit de proposer au lecteur un élargissement de votre réflexion sans pour autant aborder un tout autre sujet. N’ayez pas recours à une formule plate (lieu commun, proverbe, etc.), mais plutôt à un prolongement de votre réflexion en rapport avec le sujet qui vous a été donné.

Testez vos connaissances !

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La conclusion est l’ultime moment d’un devoir de philosophie. Cet article explique à quoi sert la conclusion, quelles sont ses différentes étapes, et les erreurs à éviter. Il fournit également un exemple de conclusion rédigée.

À quoi sert la conclusion ?

La conclusion est la dernière étape d’une dissertation ou d’un commentaire de texte. Elle sert à résumer votre devoir et à donner votre réponse définitive à la problématique.

En introduction, vous avez exposé un problème philosophique. Au cours du développement, vous avez étudié ce problème. En conclusion, vous lui apportez une solution.

Les étapes de la conclusion

La conclusion comporte 3 étapes indispensables, et une étape facultative (voire déconseillée) :

  1. rappel du problème abordé
  2. résumé de votre raisonnement
  3. exposé de votre réponse finale
  4. ouverture (facultative)

Rappeler la problématique

Votre conclusion donne la solution d’un problème. Mais lequel déjà ? Après avoir lu toute la copie, le correcteur n’a probablement plus à l’esprit votre problématique exacte. C’est le moment la rappeler.

Résumer votre raisonnement

Autrement dit, rappelez le plan que vous avez suivi. Bien sûr, vous l’aviez annoncé en introduction, mais ce n’est pas une redite. En intro, vous annonciez le programme à venir. Maintenant, vous repassez le film de ce qui s’est déjà passé.

Vous savez précisément ce que vous avez dit et ce que contient votre copie. Vous avez une vue complète sur votre devoir. Synthétisez l’essentiel de chaque grande partie et montrez comment les idées s’enchaînent vers votre réponse au problème.

Exposer votre réponse

Vous allez dire au correcteur quel est le message central de votre copie, celui qu’il doit retenir. Vous allez donner de façon claire et explicite votre solution à la problématique. C’est à dire comment vous dénouez la difficulté intellectuelle discutée dans votre devoir.

Cette étape n’est pas toujours bien distincte de la précédente lorsque l’on rédige. Résumer le raisonnement est souvent déjà une façon de présenter votre résultat final. Mais même si les deux étapes sont souvent entremêlées, il ne faut pas oublier qu’on peut les séparer. À vous de voir ce qui vous correspond le mieux.

Ouvrir (facultatif et déconseillé)

Certaines méthodologies ajoutent une dernière étape : l’ouverture. Selon elles, la conclusion peut « ouvrir » vers d’autres problèmes ou d’autres thématiques. On relance alors la réflexion dans une nouvelle direction. Cette étape facultative est notoirement difficile.

De son coté, Dicophilo déconseille très fortement l’ouverture. L’ouverture pose des problèmes pratiques et conceptuels lourds, qui devraient décourager d’en faire. Pour plus de détails, voir l’article : Faire une ouverture (ou pas).

Les erreurs à éviter dans sa conclusion

Conclure en fin de 3e partie. On peut être tenté de faire un bilan du devoir en fin de 3e partie. Parce qu’on adhère aux idées exprimées en fin de copie, on les présente comme une réponse au problème. Cela revient à tuer votre conclusion. Elle n’aura plus rien à dire, puisque vous avez déjà conclu. Et puisque vous devez faire une conclusion, vous allez vous répéter. Dommage.

Ajouter de nouveaux éléments. La conclusion conclut, elle clos le devoir. Elle n’ajoute rien de nouveau à la copie. Il est strictement interdit d’insérer des exemples ou des arguments à cette étape. La conclusion ne sert pas à débattre ou à infiltrer une idée qu’on aurait oublié pendant le développement.

Ne pas conclure. Vous devez affirmer clairement votre solution à la problématique. Rester indécis, vague, ou flou n’est pas une bonne stratégie. Soyez limpides : le correcteur doit comprendre quelle est votre idée centrale. Soyez affirmatifs : ce n’est plus le moment de prendre des précautions et d’utiliser le conditionnel. Assumez vos idées.

Copier-coller votre introduction. Comme la conclusion, l’intro présente le problème et expose le plan. Mais reprendre telle quelle votre introduction n’est pas souhaitable. Rédiger votre copie a fait évoluer votre vision des choses et vous donne une vue nouvelle sur votre travail. Profitez-en. D’autant que le correcteur n’appréciera pas de lire deux fois la même chose.

Comment faire une bonne conclusion ?

Il est difficile de faire une bonne conclusion si le reste du devoir est brouillon ou hésitant. La conclusion se construit d’abord en suivant la méthode tout au long de la copie. Il faut en particulier :

  • Identifier clairement le problème posé
  • Organiser sa réflexion sous la forme d’un plan détaillé
  • Suivre son plan tout au long de la rédaction, sans dévier
  • S’assurer que sa réflexion conduise à une solution du problème

En somme, il faut savoir ce qu’on dit, pourquoi on le dit, et comment on le dit. Si vous comprenez ce que vous avez fait dans votre devoir, vous pourrez résumer votre travail en conclusion.

Exemple de conclusion

Cet exemple est tiré d’un devoir de CAPES (le concours pour devenir prof de philo). Il est forcément plus complexe qu’un exemple issu d’un devoir de lycée, mais Dicophilo n’a malheureusement pas de bonne copie de lycée sous la main.

Sujet : L’interprétation est-elle sans fin ?

Rappel de la problématique :

Nous sommes partis d’un constat étonnant. L’interprétation semble structurée par une fin qui explique pourquoi on interprète et quand on peut arrêter l’interprétation. Pourtant, on peut continuer à interpréter même lorsque cet objectif a été atteint. Le caractère structurant de la fin (but et arrêt) nous a ainsi semblé douteux.

Résumé des 2 premières parties :

Nous avons vu qu’il faut en réalité distinguer deux types d’interprétations. Une qui va vers la compréhension, comme fin interne susceptible d’être atteinte. Une autre qui part de la compréhension, et qui peut se poursuivre indéfiniment tant qu’elle reste cohérente et respecte des critères de méthode.

Résumé de la 3e partie :

Ces deux interprétations sont structurées par la compréhension : soit comme finalité réelle, soit comme idéal régulateur.

Réponse finale :

Ce qui structure l’interprétation, ce n’est pas la fin comme nous l’avions cru. C’est la compréhension qui joue ce rôle. Cela n’empêche pas la pratique de l’interprétation de se répéter à chaque époque. En ce sens et en ce sens uniquement, l’interprétation est « sans fin » : elle recommence sans cesse.

La reprise du plan n’est pas flagrante. Ici, on rappelle ce qu’a apporté chaque grande partie, mais uniquement pour amener vers notre réponse. L’enchaînement résumé / réponse est fluide.

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