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François Mauriac, né le à Bordeaux et mort le à Paris, est un écrivainfrançais. Lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française en 1926, il est élu membre de l'Académie française au fauteuil no 22 en 1933. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1952[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, enfance, et formation[modifier | modifier le code]

François Mauriac naît le dans la maison familiale du 86, rue du Pas-Saint-Georges à Bordeaux[2], fils de Jean-Paul Mauriac (1850-1887), marchand de bois merrains et propriétaire terrien dans les Landes de Gascogne, et Claire Mauriac née Coiffard, héritière d'une famille du négoce bordelais[3],[4].

Dernier d'une fratrie composée d'une sœur aînée, Germaine (1878-1974), et de trois frères, Raymond (1880-1960), Jean (1881-1945) et Pierre (1882-1963), François Mauriac est orphelin de père à vingt mois, après la mort subite de celui-ci à la suite d'un « abcès au cerveau » le 11 juin 1887[2],[4]. Il vit toute son enfance très entouré par une mère très pratiquante, dont il est le fils préféré et celui qui gère toutes les affaires familiales, par sa grand-mère Irma Coiffard (née Abribat) et sous le tutorat de son oncle Louis Mauriac, magistrat (seul frère cadet de son père)[3].

François Mauriac fait à partir de 1892, ses études primaires puis secondaires chez les Marianistes de l'institution Sainte-Marie Grand-Lebrun à Caudéran[5], où il fera la rencontre d'un ami d'une vie, André Lacaze[6].

Outre les divers logements que la famille occupe à Bordeaux, son adolescence est marquée par plusieurs lieux girondins qui tous, marqueront profondément son œuvre : Gradignan où sa grand-mère Irma possède le « Château-Lange »[7], les Landes de Gascogne autour de Langon, Verdelais et surtout l'été à Saint-Symphorien, tous ces bourgs dominés par la bourgeoisie viticole ou ayant fait fortune dans l'exploitation forestière, aux climats lourds de secrets étouffés qu'il peindra dans la plupart de ses romans.

Après avoir écrit, dans son enfance, de petits textes et poèmes, il compose à treize ans sa première réelle œuvre, un mélodrame de jeunesse intitulé Va-t'en ![8], dédié à sa sœur Germaine[9].

En 1902, la mort de sa grand-mère Irma est un profond choc pour l'adolescent qu'il est, constatant la profonde hypocrisie de sa famille religieuse et bourgeoise qui se partage déjà l'héritage à côté de l'agonisante[10],[4].

François Mauriac rate la seconde partie du baccalauréat de philosophie et doit redoubler, préférant refaire une année au lycée public de Bordeaux[10]. Dans cet établissement il a notamment pour professeur, Marcel Drouin, beau-frère d'André Gide, qui lui fait découvrir les textes de Paul Claudel, Francis Jammes, Henri de Régnier, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Colette et Gide (notamment L'Immoraliste et Les Nourritures terrestres qui le marqueront), tous proscrits dans sa famille et chez les pères, finissant ainsi de constituer son corpus littéraire personnel[11]. Il découvre également à cette époque les textes et idées de Maurice Barrès qui marqueront sa jeunesse[4].

Après son baccalauréat obtenu en juillet 1904, il étudie la littérature à la faculté de Bordeaux, sous la direction de Fortunat Strowski[4]. Il a alors pour condisciple Jean de La Ville de Mirmont et se lie d'amitié avec André Lafon.

À cette époque, il habite toujours avec l'ensemble de sa famille, dans divers appartements et immeubles de Bordeaux, dont le 15 rue Rolland de 1903 à 1907[12] et fréquente à partir de 1905 les cercles bordelais du Sillon de Marc Sangnier, mouvement catholique « ouvriériste » dont il se sent proche mais qui le laisse insatisfait[13] et dont il s'écarte définitivement en juin 1907[4],[14].

Sa famille l'envoie avec une rente annuelle de 10 000 francs[15] à Paris, où il s'installe le — tout d'abord dans une pension étudiante de frères maristes au no 104 de la rue de Vaugirard où il réside un an avant d'être exclu, puis quelques mois dans l'hôtel l'Espérance voisin, et enfin seul en 1909 au cinquième étage du no 45 de la rue Vaneau[16] — pour préparer l'École des chartes qu'il intègre mais abandonne presque aussitôt[4] pour se consacrer entièrement à l'écriture en publiant des poèmes, à son compte, dans la Revue du temps présent.

De 1913 à 1930, il réside au 89, rue de la Pompe (16e arrondissement de Paris). De 1930 à sa mort, en 1970, il vit au 38, avenue Théophile-Gautier, dans le même arrondissement.

Années 1910 et 1920[modifier | modifier le code]

Son premier volume de poèmes, Les Mains jointes, est publié en 1909. Bien que retenant l'attention des milieux littéraires et notamment, depuis 1910, de Maurice Barrès, auquel il voue un véritable culte, Mauriac ne sera connu du grand public qu'une dizaine d'années plus tard.

En 1913, il épouse Jeanne Lafon (1893-1983), rencontrée chez leur amie commune Jeanne Alleman, auteur qui publie sous le pseudonyme masculin de Jean Balde, et elle lui donne un premier fils, Claude, en 1914, année de la publication de La Robe prétexte. Ses autres enfants, Claire, Luce, et Jean naîtront respectivement en 1917, 1919 et 1924.

Sa carrière littéraire est interrompue par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il s'engage un temps, bien que réformé et de santé précaire, dans un hôpital de la Croix-Rouge à Salonique. Après la victoire de 1918, il reprend ses activités et publie, en 1921, Préséances, qui le brouille pour longtemps avec la bonne société bordelaise, puis, en 1922, Le Baiser au lépreux.

S'appuyant sur des sources écrites, l'ouvrage biographique de Jean-Luc Barré s'attache au fait que François Mauriac a éprouvé à partir de 1924 une brûlante passion pour le jeune écrivain suisse Bernard Barbey, passion sans doute non réciproque eu égard à l'hétérosexualité de ce dernier [17],[18]. L'information selon laquelle Mauriac éprouvait des attirances homosexuelles avait été communiquée par Daniel Guérin dans une interview publiée dans le livre de Gilles Barbedette et Michel Carassou, Paris gay 1925 publié aux Presses de la Renaissance. Cette information est vérifiable dans la correspondance qu'il a reçue de Mauriac, conservée à La contemporaine, en opposition avec la volonté de l'écrivain de la récupérer et de la détruire.

Succès littéraire[modifier | modifier le code]

Dans une vie d'abord marquée par les mondanités littéraires (jeune, il fréquente les salons, notamment celui de Natalie Clifford Barney et surtout celui de la comtesse Anna de Noailles), puis par des engagements politiques guidés notamment par un idéal chrétien socialisant (il suit un temps le Sillon de Marc Sangnier et s'oppose à l'Action française), Mauriac est avant tout occupé par la composition d'une œuvre romanesque où il se révèle un analyste des passions de l'âme et un pourfendeur de la bourgeoisie provinciale (Genitrix, Le Désert de l'amour, Thérèse Desqueyroux, Le Nœud de vipères, Le Mystère Frontenac). La plupart de ses romans évoquent le conflit entre la foi et la chair, et développent plusieurs images récurrentes comme le « désert » spirituel que ses personnages doivent traverser.

La qualité de ses romans et de sa poésie lui vaut d'être triomphalement élu à l'Académie française le 1er juin 1933 au premier tour contre Edmond Sée par 28 voix et 3 bulletins blancs sur 31 votants. Le , lors de sa réception, il doit néanmoins endurer le discours peu flatteur d'André Chaumeix[19].

Un écrivain engagé[modifier | modifier le code]

Tout en poursuivant son œuvre littéraire (La Fin de la nuit, première suite de Thérèse Desqueyroux, Les Anges noirs), il prend part à de nouveaux combats politiques, notamment au moment de la guerre d'Espagne, d'abord en faveur des Nationalistes avant de se ranger, dès le bombardement de Guernica connu, avec les chrétiens de gauche qui s'expriment dans les revues Esprit ou Sept, aux côtés des Républicains espagnols (cf. ses articles dans Le Figaro et Temps présent). Cet engagement provoquera une première rupture avec sa famille politique. Robert Brasillach lui dédicacera son ouvrage sur la guerre d'Espagne : « à F.M. égaré[20] ».

Sous l'Occupation, après quelques hésitations devant la Révolution nationale lancée par le maréchal Pétain[réf. nécessaire], il publie en 1941La Pharisienne, qui peut se lire en creux comme une critique du régime de Vichy et qui lui vaut d'être désigné comme « agent de désagrégation » de la conscience française par les thuriféraires de l'Ordre nouveau. Au sein de l'Académie française, il fait partie avec Georges Duhamel (qui devient secrétaire perpétuel provisoire en 1942), Louis Gillet et Paul Valéry du petit groupe tenant tête à la fraction pétainiste de l'institution[21],[22]. Il adhère au Front national des écrivains et participe à l'œuvre de Résistance à travers la presse clandestine (Les Lettres françaises notamment). Il fait paraître en 1943, aux Éditions de Minuit, sous le pseudonyme de « Forez », Le Cahier noir, qui est diffusé sous le manteau.

Au moment de l'épuration, il intervient en faveur de l'écrivain Henri Béraud, accusé de collaboration. Il signe la pétition des écrivains en faveur de la grâce de Robert Brasillach, qui est condamné à mort et qui sera malgré cela exécuté. Cet engagement lui vaut le surnom de « Saint-François-des-Assises »[23]. Il rompt peu après avec le Comité national des écrivains en raison de l'orientation communiste du comité et participe à la revue des Cahiers de La Table ronde, où de jeunes écrivains de droite, qu'on appellera plus tard les Hussards, feront leurs débuts. Entre 1946 et 1953, éditorialiste au Figaro, F. Mauriac s'illustre par la virulence de son anticommunisme dans le contexte de la Guerre froide[24]. À la Libération, il fait l'objet de violentes attaques dans la revue d'extrême droite Écrits de Paris de la part de Jean Maze (sous le pseudonyme « Orion ») qui a cité F. Mauriac dans son Nouveau Dictionnaire des Girouettes (Écrits de Paris no 68, juin 1950, page 100).

Ferhat Abbas déclare, dans ses révélations sur la guerre d'Algérie, s'être réjoui de la visite dans le pays d'hommes politiques ou d'intellectuels, tels que Mauriac, qui ont défendu la vérité selon laquelle avant l'indépendance « il y avait en Algérie 10 millions de musulmans qui n'étaient pas français ».[réf. nécessaire]

Le prix Nobel[modifier | modifier le code]

En 1952, l'année où paraît son roman Galigaï, François Mauriac reçoit le prix Nobel de littérature pour « la profonde imprégnation spirituelle et l'intensité artistique avec laquelle ses romans ont pénétré le drame de la vie humaine »[25]. Polémiste vigoureux, d'abord absent du débat sur la guerre d'Indochine (Vercors lui reprochera son silence), il prend ensuite position en faveur de l'indépendance du Maroc et de la Tunisie, puis de l'Algérie, et condamne l'usage de la torture par l'armée française (L'Imitation des bourreaux de Jésus-Christ). Il préside aussi le Comité de soutien aux chrétiens d'URSS.

Il s'exprime notamment dans son Bloc-notes, qui paraît d'abord dans la revue de La Table ronde, ensuite dans Le Figaro, puis dès 1955 dans L'Express, que viennent de créer Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber, avant de reparaître à partir de 1961 et jusqu'à la fin dans Le Figaro.

Il soutient un temps Pierre Mendès France sous la IVe République, mais le putsch des généraux à Alger précipite son ralliement sans faille au général de Gaulle sous la Ve République. Au cours des années 1960, il donne une suite à ses Mémoires intérieurs (1959), avec les Nouveaux mémoires intérieurs (1965), et publie ses Mémoires politiques (1967), ainsi qu'une hagiographie du Général, De Gaulle (1964), auquel il demeurera fidèle jusqu'au bout.

Son dernier roman, Un adolescent d'autrefois reçoit un accueil enthousiaste de la critique en 1969. Une suite, Maltaverne, demeure inachevée et sera publiée de manière posthume en 1972.

François Mauriac meurt à Paris le et est enterré au cimetière de Vémars (Val-d'Oise). Ses œuvres complètes ont été publiées en douze volumes entre 1950 et 1956. Une édition complète de ses œuvres romanesques et théâtrales a été éditée dans la collection de la Bibliothèque de la Pléiade, en quatre volumes, parus entre 1978 et 1985 ; elle est suivie en 1990 d'une édition de ses œuvres autobiographiques.

Claude Mauriac et Jean Mauriac, ses fils, et Anne Wiazemsky, sa petite-fille, sont aussi écrivains. Luce Mauriac, sa fille, a publié un roman en 2008.

Le domaine de Malagar, à Saint-Maixant, qui fut le lieu de la fin de l'adolescence et que l'écrivain reçut en 1927 à la suite d'un partage familial, est aujourd'hui propriété du Conseil régional d'Aquitaine. Cette maison d'écrivain, transformée en centre culturel, est désormais ouverte à la visite.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans, nouvelles, récits[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Essais, recueils d'articles[modifier | modifier le code]

  • 1920 : De quelques cœurs inquiets. Petits essais de psychologie religieuse (Société littéraire de France)
  • 1926 : Le Jeune Homme (Hachette)
  • 1926 : La Province (Hachette ; réédition Arléa, 1988)
  • 1928 : Le Roman (L'artisan du livre)
  • 1928 : La Vie de Jean Racine (rééd. Paris, Perrin, 1999)
  • 1928 : Divagations sur Saint-Sulpice (Edouard Champion et ses amis)
  • 1929 : Dieu et Mammon
  • 1930 : Trois Grand Hommes devant Dieu, éd. du Capitole
  • 1931 : Le Jeudi-Saint
  • 1931 : Pèlerins (Editions de France) (nouv. éd. Plon, 1933, sous le titre "Pèlerins de Lourdes")
  • 1931 : Souffrances et bonheur du chrétien
  • 1931 : Blaise Pascal et sa sœur Jacqueline
  • 1931 : Fauteuil XXX : René Bazin (dans la collection "Les Quarante", Librairie Félix Alcan)
  • 1931 : L'Affaire Favre-Bulle (Grasset)
  • 1933 : Le Romancier et ses personnages
  • 1936 : La Vie de Jésus (rééd. Seuil, 1999)
  • 1939 : Les Maisons fugitives (Grasset)
  • 1945 : Le Bâillon dénoué (Grasset)
  • 1945 : La Rencontre avec Barrès (rééd. La Table ronde, 1994)
  • 1947 : Du côté de chez Proust, La Table ronde, 1947
  • 1949 : Mes grands hommes (Editions du Rocher)
  • 1958 - 1971 : Bloc-notes, Seuil, 5 vol.
  • 1958 : Le Fils de l'homme
  • 1981 : Souvenirs retrouvés - Entretiens avec Jean Amrouche, éd. Fayard/INA
  • 1996 : Mozart et autres écrits sur la musique, éd. Encre marine
  • 2000 : La Paix des cimes : chroniques, 1948-1955, éd. Bartillat
  • 2004 : D'un bloc-notes à l'autre : 1952-1969, éd. Bartillat
  • 2008 : Téléchroniques, 1959-1964, éd. Bartillat

Mémoires[modifier | modifier le code]

Autobiographie, discours et correspondance[modifier | modifier le code]

  • 1925 : Bordeaux, version première des Commencements d'une vie (L'Esprit du Temps, 2009)
  • 1932 : Commencements d'une vie
  • 1933 : Discours de réception à l'Académie française (Institut de France, hors commerce) (éd. Grasset, 1934)
  • 1934 : Journal I (Grasset)
  • 1937 : Journal II (Grasset)
  • 1939 : Hiver (paru en 1941 chez Flammarion, dans le recueil collectif La Guirlande des années)
  • 1940 : Journal III (Grasset)
  • 1947 : Réponse à Paul Claudel à l'Académie française (Institut de France, hors commerce) (éd. La Table ronde, 1947)
  • 1952 : Journal du temps de l'occupation (dans les Œuvres complètes, Librairie Arthème Fayard)
  • 1953 : Écrits intimes
  • 1981 : Lettres d'une vie, 1904-1969
  • 1989 : Nouvelles Lettres d'une vie, 1906-1970

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 1924 : La vie et la mort d'un poète (dédiée à son ami André Lafon ; éd. Bloud et Gay)
  • 1945 : Sainte-Marguerite de Cortone (Flammarion)
  • 1976 : Lacordaire (éd. Beauchesne)

Scénario[modifier | modifier le code]

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres complètes, Librairie Arthème Fayard, coll. Bernard Grasset, 1950-1956, 12 vol.
  • Œuvres romanesques et théâtrales complètes, dirigées par Jacques Petit, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1978-1985, 4 vol.
  • Œuvres autobiographiques complètes, dirigées par François Durand, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1990.

Préfaces[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1994, l'État et la ville de Paris rendent hommage à l'écrivain en baptisant de son nom le quai François-Mauriac, aux pieds de la Bibliothèque nationale de France, dont c'est l'adresse officielle, dans le 13e arrondissement.

Par ailleurs, deux prix littéraires portent son nom :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ↑« François Mauriac vous parle », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris(consulté le 26 décembre 2017)
  2. a et bBarré (2009), p. 28-29
  3. a et bBarré (2009), p. 39-42
  4. a, b, c, d, e, f et gBibliothèque de la Pléiade (1978), p.XCI-CXIII.
  5. ↑Barré (2009), p. 55 et 72
  6. ↑Barré (2009), p. 84
  7. ↑Barré (2009), p. 46
  8. Va-t'en !, Appendice I du tome I des Œuvres romanesques et théâtrales complètes de Mauriac, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1978, (ISBN 2-07-010931-3)p. 913-925.
  9. ↑Barré (2009), p. 80
  10. a et bBarré (2009), p. 93-99
  11. ↑Barré (2009), p. 105-106
  12. ↑Barré (2009), p. 103-104
  13. ↑Barré (2009), p. 108-113
  14. ↑Selon Émile Poulat, « sa foi dans le Christ de l'histoire évangélique s'opposait énergiquement au Christ de la foi proposée par la critique moderniste. Sa Vie de Jésus, dont le titre même sonne comme un défi, est l'aboutissement d'une longue méditation; l'adversaire pour lui n'est plus Renan mais Loisy, qu'il prend à partie avec violence dans la préface de la deuxième édition.» (Émile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste
Plaque sur la maison natale de François Mauriac, à Bordeaux.
Le domaine de Malagar, dont François Mauriac hérita en 1927 et où il écrivit une grande partie de son œuvre.
Le prix Nobel de François Mauriac (1952).
François Mauriac en 1952.
Couverture du livre "Le cahier noir" de Forez (pseudonyme de guerre de François Mauriac)

François Charles Mauriac (čti fransoa šárl mórijak)) (11. října1885, Bordeaux – 1. září1970, Paříž) byl francouzskýromanopisec, esejista, dramatik, básník a novinář, nositel Nobelovy cenu za literaturu za rok 1952. Je jednou z největších osobností dlouhé řady francouzskýchkatolických spisovatelů.

Život[editovat | editovat zdroj]

François Mauriac se narodil jako nejmladší z pěti dětí v zámožné bankéřské rodině. V jeho necelých dvou letech mu zemřel otec a od té doby o děti spolu s matkou pečovali prarodiče. Matka byla velmi zbožnou katoličkou a François byl proto v sedmi letech poslán do školy Mariánského řádu Collège de Grand-Lebrun na předměstí Bordeaux. V Bordeaux pokračoval i v univerzitních studiích, které zakončil v roce 1905.

V roce 1906) pak Mauriac odešel do Paříže, kde se připravoval na přijímací zkoušky na École Nationale des Chartes, kam byl přijat v roce 1908. Příliš dlouho se však na této škole nezdržel – po několika měsících jí opustil na základě pevného rozhodnutí zasvětit svůj život literatuře.

Své první dílo, básnickou sbírku Les mains jointes (Sepjaté ruce) vydal hned v následujícím roce (1909), další sbírku básní Adieu à l'adolescence (Sbohem dospívání) pak v roce 1911. Poté se zaměřil spíše na prózu, v roce 1913 vydal svůj románový debut L’Enfant chargé de chaînes (Svázané dítě) a postupně si osvojil svůj typický velmi poetický a sugestivní styl psaní. Jeho rané práce patří současně do období jeho osobní mladistvé spirituální krize, kdy trpí pocitem, že křesťanské duchovní zaměření člověka je potlačujícím faktorem přirozených lidských potřeb. Téma boje mezi city a rozumem, resp. touhou a odpovědností uvnitř člověka se tak stává ústřední problematikou Mauriacových děl i do budoucnosti, ovšem již v mnohem hlubším rozměru.

Po skončení první světové války, během které sloužil na Balkáně jako příslušník Červeného kříže, vydal Mauriac v roce 1922 sbůj další román Le baiser au lépreux (Polibek malomocnému), který byl jeho prvních výrazným úspěchem. Další Mauriacovy práce byly sice odmítnuty pravým křídlem katolických kritiků, novela Thérèse Desqueyroux (Tereza Desqueyrouxová) z roku 1927 však došla nadšeného přijetí u čtenářů i ostatní kritiky, kterou byla tehdy označena za historicky nejlepší francouzský román.

V červnu 1933 byl Mauriac přijat do Francouzské akademie (Académie française)). V té době psal pro pařížský list Le Figaro, kde pravidelně uveřejňoval své články, upozorňující na hrozbu nastupujícího fašismu. Třicátá léta byla současně obdobím, kdy psal též divadelní dramata, která byla uváděna s poměrně slušným úspěchem v Comédie-Française (např. jeho první drama Asmodée dosáhlo v letech 1937 – 1938 sta repríz). V roce 1941 vydal patrně své nejvýznamnější dílo, románLa Pharisienne (Farizejka). V průběhu druhé světové války pak aktivně spolupracoval s hnutím La Résistance, v němž působilo mnoho spisovatelů, odmítajících okupaci Francie.

Mauriac byl velkým přívržencem hlavního představitele francouzské zahraniční armády generálaCharlese de Gaulla (pozdějšího francouzského prezidenta). Po válce podporoval jeho politické ambice a především jeho protikoloniální politiku (v roce 1964 o něm napsal rozsáhlou biografickou esej). V roce 1952 vydal další vynikající román Galagai a současně získal Nobelovu cenu za literaturuza pronikavou znalost lidské duše a uměleckou intenzitu, s nimiž v románové podobě tlumočí drama lidského života (citace z odůvodnění Švédské akademie). O šest let později jej De Gaulle vyznamenal Velkým křížem čestné legie.

Od počátku padesátých let psal Mauriac pravidelně každý týden novinové sloupky (nazývané Bloc-notes), které si získaly velký ohlas. Koncem padesátých let je autor začal zpracovávat knižně a později je vydal ve dvou svazcích jako Le Nouveau Bloc-notes (1958–1960) a (1961–1964). Jeho práce v šedesátých letech se kromě toho omezuje již téměř jen na psaní vzpomínek, které zahrnují i filozofické a politické úvahy.

François Mauriac zemřel v Paříži1. září roku 1970 a byl pochován na hřbitově ve Vémars, kde v posledních letech před smrtí žil.

Dílo Françoise Mauriaca je významné především tím, že autor patří mezi tradiční romanopisce, pro něž viditelný svět nepřestal existovat, jehož hrdinové jsou lidmi s dušemi v duchu křesťanského pohledu, spisovatel, osobující si základní právo na komentář, tedy na vyjádření svých názorů. Jeho apologie člověka je vlastně schopností vidění zárodečného jádra lidské podstaty, která – jakkoli obrostlá pokřivenými větvemi předsudků, zvyků, primárního egoismu a archetypů - nese veškerou tíhu citového a morálního rozporu života a je jí nutno prizmatem této skutečnosti též nahlížet. Anglický spisovatel Graham Greene, kterého Mauriac obdivoval (obdiv byl vzájemný, stejně jako byla příbuzná i jejich ústřední témata) a považoval jej za největšího moderního romanopisce, o něm napsal: "Události v románech F. Mauriaca jeho hrdiny obyčejně nemění (což je skutečnost, kterou romantické nepravdy neznají), ale odhalují jejich nitro postupně s nesmírnou jemností. Jeho morální a náboženské cítění se od běžného diametrálně odlišuje - nenarazíte u něj na falešný předpoklad či na konvenční postavu. Se sympatiemi ukazuje spirituální podstatu člověka, skrytou pod vrstvou destruktivního sobectví a falešné lítosti. Pokrytec přece nemůže žít věčně, aniž by na něj neměly vliv názory, které vyznává. V Mauriacově díle má místo ironie, nikoli satira. Kdyby byl Pascal býval psal romány, byl by užil právě této metody a tohoto tónu".

Dílo[editovat | editovat zdroj]

Mauriacovo dílo obsahuje téměř šedesát titulů (románů, divadelních her, esejů, filozoficky laděných biografií, polemik, politických úvah, pamětí a článků).

Poezie[editovat | editovat zdroj]

  • Les mains jointes (1909, Sepjaté ruce),
  • Adieu à l'adolescence (1911, Sbohem dospívání),
  • Orages (1925, Bouře).

Romány[editovat | editovat zdroj]

  • L'enfant chargé de chaînes (1912, Dítě v řetězech), auobiografickýromán, ve kterém se zrcadlí citové stavy nábožensky exaltované duše zraňované tělesností.
  • La robe prétexte (1914, Tóga praetexta),
  • La Chair et le Sang (1920, Tělo a krev),
  • Préseances (1921, Přednostní postavení), román zachycující marnou revoltu proti okolí a přijaté víře.
  • Le baiser aux lépreux (1922, Polibek malomocnému), román rozvíjející historii erotického vztahu ztroskotávajícího na nemožnosti fyzického sblížení.
  • Le Feluve de feu (1923, Proud ohně), historie smyslového vzplanutí, které nedokáže prolomit izolaci duší a vysvobodit je z jejich vyprahlé prázdnoty.
  • Genitrix (1923), román o deformaci mateřské lásky v touhu vlastnit a ovládat. Zpracováno v Českém rozhlasu v roce 1997 jako rozhlasová dramatizace pod názvem Fernandovo blaho, překlad: Josef Heyduk, dramatizace: Roman Císař, režie: Otakar Kosek, v hlavních rolích: Fernand - Miroslav Donutil, Félicité - Blanka Bohdanová, Marie - Miriam Kantorková.[1]
  • Le désert de l'amour (1924, Pustina lásky), román s tématem nesouladu citů (jeden miluje a druhý je tím obtěžován) a s analýzou milostné vášně syna a otce ke stejné ženě.
  • Thérèse Desqueyroux, (1927, Tereza Desqueyrouxová), román zabývající se autorovým tradiční tématem hříchu a vykoupení.
  • Destins (1928, Osudy),
  • Trois récits (1929, Tři příběhy),
  • Ce qui était perdu (1930, To, co bylo ztraceno),
  • Le nœud de vipères (1932, Klubko zmijí), román psaný formou deníku, v němž starý advokát dokresluje obraz svého rodinného života, v němž všechno porozumění přehlušuje mamon. Nenávist k ženě i dětem promění jeho myšlenky a city v klubko zmijí připravených kdykoli uštknout. Vrchol pomsty spatřuje v tom, že ani ženě, aní dětem neodkáže ohromné jmění, které nashromáždil. Před smrtí si však uvědomí, že víc než peníze váží lidská láska, že to co mu v životě chybělo, bylo milosrdenství a bůh.
  • Le mystère Frontenac (1933, Tajemství Frontenaků), román v němž Mauriac v transponované formě oživuje vzpomínky na své vlastní dětství a mládí.
  • La fin de la nuit ( 1935, Konec noci), pokračování románuTereza Desqueyrouxová, ve kterém nechá autor svou provinilou hrdinku zemřít v křesťanském usmíření.
  • Les Anges Noirs (1936, Černí andělé),
  • Les chemins de la mer (1939, Cesty k moři), román o tragických osudech rodiny zámožného notáře, jenž zpronevěřil svěřené peníze a vyhnul se odpovědnosti sebevraždou zobrazuje autor obludnou úlohu peněz v soudobé společnosti, která se podřizuje zásadě vyslovené jednou z hrdinek románu: „Peníze jsou pán, je nutné přijmout jejich zákon“.
  • La pharisienne (1941, Farizejka), román zobrazující do vlastní křesťanské dobroty zahleděnou Brigitu Pianovou, která je manipulátorkou osudů dalších postav a svůj úsudek o nich nadřazuje jejich skutečnému dobru.
  • Le sagouin (1951, Umouněnec),
  • Galigaï (1952, Galigai), román jehož hlavní postavou je intrikánská vychovatelka, která využívá své silné vůle k ovládání osob a zlovolně zasahuje do citových vztahů lidí.
  • L'agneau (1954, Beránek), román, zasazený do atmosféry bohatého, ale chmurného bordeauxského kraje, rozvíjí tragický příběh mladého chlapce, který se ve své bezelstnosti a čistotě střetává s falší a pokryteckou morálkou prostředí, v němž žije.
  • Un adolescent d'autrefois (1969, Mládenec ze starých časů), psychologický román jehož hrdinou je dospívající chlapec, jenž se chce osvobodit od rodinného lpění na majetku, touží po volnosti a lásce a po osudových ranách mládí nalézá cestu v literární tvorbě.

Divadelní hry[editovat | editovat zdroj]

  • Asmodée (1938) s postavou jakéhosi novodobého Tartuffa,
  • Les mals aimés (1945, Nedostatečně milovaní) s námětem milostného trojúhelníku,
  • Passage du malin (1948, Obcházení ďábla),
  • Le Feu sur la Terre (1949, Oheň na zemi),
  • Le pain vivant (1950, Živá bolest).

Eseje, biografie, polemiky, politické úvahy, články a vzpomínky[editovat | editovat zdroj]

  • La Vie de Jean Racine (1928, Život Jeana Racina),
  • Le Roman (1928, Román),
  • Dieu et Mammon (1929, Bůh a mamon),
  • Voltaire et centre Pascal (1930, Voltaire a Pascal),
  • Blaise Pascal et sa soeur Jacqueline (1931, Blaise Pascal a jeho sestra Jacqueline),
  • Souffrance et bonheur du chrétien (1931, Utrpení a štěstí křesťana),
  • Le Romancier et ses personnages (1933, Romanopisec a jeho postavy),
  • Les romanciers et ses personnages (1933, Romantici a jejich osobnosti),
  • La Vie de Jésus (1936, Život Ježíšův),
  • Les maisons fugitives (1939, Prchající domy),
  • Le cahier noir (1943, Černý sešit), vydáno ilegálně pod pseudonymem,
  • Du côte de chez Proust (1947, O Proustovu žebru),
  • Paroles catholiques (1954 , Katolická slova),
  • Bloc-notes (1952-1957) (1958, Zápisník),
  • Les fils de l'homme (1958, Synové člověka),
  • Mémoires intérieurs (1959, Vzpomínky nitra),
  • Le Nouveau Bloc-notes (1958-1960) (1961, Nový zápisník 1958-60),
  • Ce que je crois (1962, V co věřím),
  • De Gaulle (1964), kniha o životě a politických cílech generálaCharlese de Gaulla, francouzskéhoprezidenta v letech 1958 - 1969.
  • Nouveaux mémoires intérieurs (1965, Nové vzpomínky nitra),
  • Mémoires politiques (1967, Politické paměti),
  • Le Nouveau Bloc-notes (1961-1964) (1968, Nový zápisník 1961-64).

Práce o autorovi[editovat | editovat zdroj]

O Françoisovi Mauriacovi bylo vydáno kolem dvaceti podrobných biografií či studií, ze kterých uvádíme:

  • Michael F. Moloney: François Mauriac, 1958
  • Graham Greene: François Mauriac (součást sbírky Collected Essays), 1969
  • Jean Lacouture: François Mauriac 1980
  • Encyclopedia of World Literature in the 20th Century, vol. 3, vyd. Steven R. Serafin, 1999

Evropská společnost François Mauriac[editovat | editovat zdroj]

Hlásíc se k odkazu spirituality spisovatelova díla vznikla společnost Association Européenne François Mauriac (Evropská společnost François Mauriac), jejímž cílem je podpora autorů a vydávání děl současné evropské literatury, především duchovního zaměření.

Česká vydání[editovat | editovat zdroj]

  • Polibek malomocnému, Václav Petr, Praha1926, přeložila Jarmila Fastrová,
  • Poušť lásky, Bohumír Treybal, Praha1926, přeložil Miroslav Treybal,
  • Proud ohně, Kamilla Neumannová, Praha1926, přeložil Josef Dostál,
  • Genitrix, Václav Petr, Praha1927, přeložila Beatrice Bresková,
  • Tereza Desqueyrouxová, Václav Petr, Praha1929, přeložil Quido Palička,
  • Klubko zmijí, Jan Laichter, Praha1936, přeložil Josef Heyduk, znovu SNKLU, Praha1963,
  • Lurdští poutnící, Vyšehrad, Praha1937, přeložil Otto Albert Tichý,
  • Život Ježíšův, Vyšehrad, Praha1937, přeložili Miloš Krejza a Otto Albert Tichý,
  • Cesty k moři, Katolický literární klub, Praha1947, přeložil Jaroslav Zaorálek, znovu Vyšehrad, Praha1947 a Lidová demokracie, Praha1961.
  • Farizejka, Vyšehrad, Praha1948, přeložil Jiří Kárnet,
  • Příběhy lásky a nenávisti, Odeon, Praha1972, přeložil Josef Heyduk, kniha obsahuje rományPolibek malomocnému, Genitrix, Pustina lásky, Tereza Desqueyrouxová a Klubko zmijí.
  • Mládenec ze starých časů, Odeon, Praha1976, přeložil Josef Heyduk,
  • Beránek, Vyšehrad, Praha1978, přeložila Eva Formanová,
  • Romány lásky a nenávisti, Odeon, Praha1980, přeložil Josef Heyduk a Jaroslav Zaorálek, kniha obsahuje rományPolibek malomocnému, Genitrix, Pustina lásky, Tereza Desqueyrouxová, Klubko zmijí a Cesty k moři.
  • Galigai, Vyšehrad, Praha1981, přeložila Eva Formanová,
  • Umouněnec, Vyšehrad, Praha1983, přeložil Karel Palek,
  • Tajemství Frontenaků, Arca Jimfa, Třebíč1993, přeložil Kazimír Gajdoš,
  • Utrpení a štěstí křesťana, Petrov, Brno1994, přeložil Josef Mlejnek.
  • Černí andělé, Matice cyrilometodějská, Olomouc2011, přeložil Kazimír Gajdoš.

Odkazy[editovat | editovat zdroj]

Reference[editovat | editovat zdroj]

  1. ↑François Mauriac: Fernandovo blaho na stránkách Českého rozhlasu

Externí odkazy[editovat | editovat zdroj]

Autoritní data: AUT: jn19990005491 | GND: 118732099 | ISNI: 0000 0003 6863 7457 | LCCN: n50007234 | VIAF: 84144928700254440616 | WorldcatID: lccn-n50007234

Portály: Literatura

François Mauriac
v roce 1952
Hrob Françoise Mauriaca ve Vémars

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